À partir d’expériences concrètes de voyages éducatifs et de l’apprentissage par corps qu’elles impliquent, cette communication explore les formes d’étrangeté que nous font vivre nombre de voyages. Or l’épreuve de l’étrangeté n’est-elle pas celle qui caractérise précisément le regard d’enfant ? Qu’est-ce que l’enfant qui arrive pour la première fois à l’école, sinon le périple de celui qui vit sa rentrée dans un monde nouveau, sur le mode de l’étrangeté ? Le voyageur réitère le regard de l’enfant perdu dans l’errance de codes nouveaux dont il ne comprend pas, d’abord, la signification. Nous explorons cette intuition dans plusieurs expériences de voyages scolaires et plus largement éducatifs. Inductive, notre démarche nous amène à aborder sur un plan neuroscientifique, à partir d’une littérature récente en sciences cognitives et en sciences de l’éducation, les formes d’apprentissage que rendent possible ces voyages déstabilisants, en tissant les liens complexes entre voyage, étrangeté et plasticité cérébrale. L’objectif de la communication consiste à mettre en contraste la dimension expérientielle des voyages éducatifs déstabilisants avec la recherche expérimentale en matière de neuroplasticité.